Lors de son dernier meeting de campagne, à Paris, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle a proposé de rembourser aux adhérents qui auraient des difficultés financières la régularisation de leurs frais de cotisation, nécessaire pour pouvoir voter jeudi soir.
Si son programme l'emporte, parmi les six soumis au vote, l'adhésion sera "définitivement fixée à 20 euros", a-t-elle souligné devant plus de 500 personnes réunis à La Bellevilloise, dans l'est de la capitale.
"Nous réparerons cette taxe sur le droit de militer", a assuré la présidente de Poitou-Charentes que ses adversaires internes accusent de vouloir construire un "parti de supporters".
"A travers vous ce soir, j'appelle tous les militants socialistes à venir voter pour prendre en main l'avenir de notre parti (...) Nous voulons un parti qui croit tellement en lui, en ses forces qu'il changera en bien le destin de la France", a-t-elle conclu au terme d'une allocution de huit minutes, avant de passer la parole à son "équipe de campagne".
En perte de vitesse dans les sondages, Ségolène Royal a décidé en septembre de mettre sa candidature au poste de premier secrétaire du PS "au Frigidaire" avant de revenir en force sur le devant de la scène socialiste à la faveur d'une demi-douzaine de meetings.
TOUT SAUF DELANOË?
Pour ce dernier rendez-vous de campagne, au coeur d'une des grosses fédérations socialistes, le moindre symbole comptait.
Le choix de la salle: La Bellevilloise, où elle avait lancé sa candidature au printemps. L'organisation: des militants en rond autour du pupitre des orateurs, signe de la "démocratie participative" royaliste.
Et l'entrée groupée en musique, suivie de son "pack opérationnel", Vincent Peillon, Julien Dray ou Manuel Valls qui ont sillonné la France pour elle pendant six semaines.
A moins de 24 heures du vote des militants, qui doivent renouveler la ligne et la direction du PS, les trois principales écuries - Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal - refusent tout pronostic officiel, prédisant cependant des scores très serrés.
"Bertrand Delanoë a perdu le congrès puisqu'il ne l'a pas tué, Ségolène Royal a survécu et Martine Aubry a réussi son retour", résume un proche de l'ancienne candidate présidentielle.
D'où une éventuelle neutralisation au soir du vote jeudi et un congrès, dans une semaine à Reims, dominé par la confusion, les rumeurs de fraude, de négociations et d'alliances secrètes.
En petit comité, Ségolène Royal confie qu'elle "sent plutôt bien les choses si le vote est régulier" jeudi.
Question alliances, tout est ouvert sauf un rapprochement avec Bertrand Delanoë, assurent ses proches. La conception du parti du maire de Paris, à qui s'est rallié le premier secrétaire sortant François Hollande, est jugée incompatible avec le parti "ouvert" prôné par Royal.
"Il ne faut pas un retour à la case départ", prévient-elle.